8 de julio de 2009
Amante
te extraño en silencio,
mientras el mundo cae y mi cuerpo tiembla,
fragil y abandonada.
Mis dedos buscan enredarse en tus cabellos,
mi piel la caricia exacta,
mis ojos tu mirada esquiva,
mis labios tu aroma en mi almohada.
Qué será de mi,
corazón quebrado,
que me has dejado desvelada?
Qué será de ti,
heraldo de sombras,
que te has esfumado como la nada?
7 de julio de 2009
Le poète maudit
Mis manos se deslizan,
infinitamente y silenciosas,
jugueteando con el pasado.
Caes vencido por la muerte,
tu guerra ha acabado,
y sigues sin embargo luchando en pie,
ciego vilmente, empeñando en el exilio.
Sabes en tus labios que el final está cerca:
el profundo abismo donde tu alma repta,
así como los ojos resuenan en la correspondencia del ser.
Los perfumes se vuelven humos
y los héroes yacen olvidados.
En la cruz lo único que queda
es mi despojo, mi resto humano.
Las piernas de las prostitutas se abren en par,
y el amor se esfuma.
Así la humanidad crece y se vuelve carroña.
Así los gusanos nos desarman y se alimentan,
así es como quieres tu,
padre milenario y olvidadizo,
que nuestros recuerdos fantasmales se alcen desde lo profundo,
y las telarañas de la memoria se vuelen en un soplo.
Si, en mis delirios,
mi piel se crispa y se entiende presente
así, mis manos nuevamente recorren tus cabellos,
y piden al cielo,
misericordia.
6 de julio de 2009
Funeral
inamovible,
la caida de tu cuerpo.
La cáscara humana que se marchita,
tus ojos de vidrio empañado,
tu voz que crepita en silencio.
El fuego de un ángel arde en tus sienes,
el invierno ha llegado sin aviso al pie de tu cama,
y en la sala, los fantasmas se acarician las memorias.
Las luces flotan distantes sobre los aparadores,
espectral soledad en ecos ronda la casa.
Y en el umbral de tu habitación,
una dama blanca yace de pie
como yo a tu lado,
observando,
esperando el momento,
para dar un paso adelante,
y llevarte de su mano.
1 de julio de 2009
Les Litanies de Satan- Charles Baudelaire
O toi, le plus savant et le plus beau des Anges
Dieu trahi par le sort et prive de louanges
O Satan, prends pitie de ma longue misere!
O Prince de l'exil, a qui l'on a fait tort
Et qui, vaincu, toujours te redresses plus fort
O Satan, prends pitie de ma longue misere!
Toi qui sais tout, grand roi des choses souterraines
Guerisseur familier des angoisses humaines
O Satan, prends pitie de ma longue misere!
Toi qui, meme aux lepreux, aux parias maudits
Enseignes par l'amour le gout du Paradis
O Satan, prends pitie de ma longue misere!
O toi qui de la Mort, ta vieille et forte amante,
Engendras l'Esperance, - une folle charmante!
O Satan, prends pitie de ma longue misere!
Toi qui fais au proscrit ce regard calme et haut
Qui damne tout un peuple autour d'un echafaud
O Satan, prends pitie de ma longue misere!
Toi qui sais en quels coins des terres envieuses
Le Dieu jaloux cacha les pierres precieuses
O Satan, prends pitie de ma longue misere!
Toi dont l'oeil clair connait les profonds arsenaux
Ou dort enseveli le peuple des metaux
O Satan, prends pitie de ma longue misere!
Toi dont la large main cache les precipices
Au somnambule errant au bord des edifices
O Satan, prends pitie de ma longue misere!
Toi qui, magiquement, assouplis les vieux os
De l'ivrogne attarde foule par les chevaux
O Satan, prends pitie de ma longue misere!
Toi qui, pour consoler l'homme frele qui souffre,
Nous appris a meler le salpetre et le soufre
O Satan, prends pitie de ma longue misere!
Toi qui poses ta marque, o complice subtil,
Sur le front du Cresus impitoyable et vil
O Satan, prends pitie de ma longue misere!
Toi qui mets dans les yeux et dans le coeur des filles
Le culte de la plaie et l'amour des guenilles
O Satan, prends pitie de ma longue misere!
Baton des exiles, lampe des inventeurs,
Confesseur des pendus et des conspirateurs
O Satan, prends pitie de ma longue misere!
Pere adoptif de ceux qu'en sa noire colere
Du paradis terrestre a chasses Dieu le Pere
O Satan, prends pitie de ma longue misere!
—Priere—
Gloire et louange a toi, Satan, dans les hauteurs
Du Ciel, ou tu regnas, et dans les profondeurs
De l'Enfer, ou, vaincu, tu reves en silence!
Fais que mon ame un jour, sous l'Arbre de Science,
Pres de toi se repose, a l'heure ou sur ton front
Comme un Temple nouveau ses rameaux s'epandront!
